Adrian Guigue, Clara Rosin, Jonathan Arcellier, Axel Vilamot, Céline Latchimy-Irissin, Khadidja Douga et Laurine Escolano sont en dernière année (consacrée à la presse écrite) du Bachelor HEJ à Lyon. Jeudi 19 octobre dernier, ils ont été conviés au Club 144 d'octobre 2017, émission de Télévision Lyon Métropole, qui se réunit chaque mois pour rencontrer des personnalités qui font l'actualité. Ce jeudi, l'émission était consacrée aux 30 ans du procès de Klaus Barbie, qui s'est déroulé à Lyon en 1987. Jean-Olivier Vioult, substitut du procureur lors du procès, Benjamin Orenstein, rescapé de la Shoah et Jeannine Peysson, résistante torturée par Klaus Barbie, étaient les invités et interlocuteurs exceptionnels de cette émission.

Cette rencontre s'inscrit dans leur projet de réalisation d'un documentaire (avec la collaboration des BTS 1ère année des Métiers de l'Audiovisuel - option montage d'Acfa à Lyon) portant sur les derniers résistants et le devoir de mémoire. 
Ils ont accepté de revenir sur cette rencontre…

KLAUS BARBIE : UN PROCES HISTORIQUE

PROCES BARBIE

Le procès Barbie - Cour d'assises du Rhône - 1987 (Source)
 

HEJ : Le sujet de cette émission était "Le Procès Barbie, un Procès pour l’Histoire", procès qui a eu lieu en Mai 1987 au Palais de Justice de Lyon. En tant que futurs journalistes, que représente ce procès à vos yeux ?

Adrian
: En temps que futur journaliste, le sujet du procès de Klaus Barbie est important, puisqu’il est la marque d’une époque et d’un passé très fort à Lyon et en France, c’est un moment de l’Histoire.
Clara : Ce procès est important car il s’agit de protéger et conserver la mémoire, d’autant plus que cela s’est passé à Lyon et que cela a marqué l’histoire. Pour moi, ce procès représente une victoire contre la peur, la violence et la haine ; trois choses qui – comme à l’époque – sont malheureusement présentes dans notre société. Ainsi, c’est aux journalistes de continuer de parler de ce procès, de l’expliquer, de le (re-)contextualiser afin que personne n’oublie ce qu’il s’est passé et que cela n’ait plus jamais lieu. 
Jonathan : Ce procès est un événement très important dans l’Histoire pour ce qu’il représente mais également pour son côté médiatique.
Axel : Le procès est un excellent exemple du devoir de mémoire. Il a été le premier procès à être enregistré en France et aujourd’hui retransmettre la parole des derniers témoins répond à un besoin nécessaire d’archive. 
Céline : Un procès qui a permis aux victimes de s’exprimer, de délier les langues et de faire connaître au monde ce qu’il s’est passé.
Khadidja : Une part importante de l’histoire que nous ne devons pas oublier.


HEJ : Jean-Olivier Vioult, substitut du procureur lors du procès de Klaus Barbie en 1987, Benjamin Orenstein, rescapé de la Shoah et Jeannine Peysson, résistante, étaient les invités. Que retenez-vous de leurs interventions ?

Adrian
: De leurs interventions je retiens l’humanité, le respect des lois et surtout l’importance d’être témoin et de ne jamais oublier.
Clara : Mr Vioult est un très bon orateur, que le procès a profondément marqué. Il manie si bien les mots qu’il arrive presque à faire passer les horreurs du procès en second plan pour ne retenir que la transcendance de la beauté de tous les témoins qui se sont unis face à la cruauté la plus primaire. Je retiendrai de Mme Peysson que c’est une femme forte et formidable qui, après avoir fait partie de la résistance et s’être fait torturée, a trouvé la force de devenir kinésithérapeute pour continuer à aider les gens. Elle restera pour moi une femme incroyable, une survivante imbrisable. Enfin, une partie du discours de Mr Orenstein restera longtemps avec moi ; lorsqu’il parle de sa libération, alors qu’il ne pesait que 32kg et qu’il avait vécu les pires horreurs, mais qu’il a tout de même pensé que de tuer les nazis en « tirant dans le tas » reviendrait à leur ressembler. Il a tellement souffert mais il est resté si fondamentalement bon. Je retiendrai qu’il a été honnête, simple et inspirant.
Jonathan : Je retiens l’émotion qui se dégageait de leurs interventions mais aussi l’importance de la justice française.
Axel : L’émotion a été le fil rouge de leurs interventions. Ce sont des histoires extrêmement intimes qui ont été exposées, et menées par la rhétorique exemplaire de Jean-Olivier Vioult.
Céline : J’ai retenu que tout homme, même indéfendable, doit être défendu, à l’image de la justice française. Nous avons un devoir de mémoire, pour ne pas laisser ces faits « tuer » une deuxième fois. C’est une manière de rendre hommage à ces personnes, notamment à Jeannine Peysson et Benjamin Orenstein qui, malgré leurs vécus et leurs âges, continuer de témoigner.
Khadidja : Des moments riches en émotions et des témoignages poignants.

hej tlm


HEJ : Avez-vous eu l’occasion de poser des questions ? Si oui, lesquelles ? Le cas échéant, quelles questions auriez-vous aimé poser ?

Adrian
: Non, mais j’aurais pu leur demander pourquoi c’est important pour eux de témoigner et surtout comment ils ont décidé de le faire.
Clara : Non, je n’ai pas eu le temps. Néanmoins, j’aurai aimé leur demander comment ils ont vécu le fait d’avoir à attendre si longtemps pour que le procès ait lieu.
Axel : Non, le passé des victimes ayant été particulièrement traumatisant, je préférai écouter sans les questionner d’avantage.
Céline : Je n’ai posé aucune question puisque je suis allée interviewer Jeannine Peysson pour le documentaire. J’avais aussi déjà eu l’opportunité d’échanger avec elle.


HEJ : Comptez-vous écrire un article sur cette rencontre ?

Adrian
: Peut-être, sur l’aspect témoignage.
Clara : Je n’y avais pas pensé mais cela pourrait en effet être intéressant.
Jonathan : Non, mais si je devais réaliser un travail sur le devoir de mémoire, je ne manquerai pas de mentionner cette rencontre.
Céline : Je ne compte pas écrire d’article puisque le documentaire réalisé montre en images les témoignages qui, à mon sens, sont encore plus d’émotions.


HEJ : Cette rencontre vous a-t-elle permis d’avoir une autre vision du métier de journaliste ? A-t-elle confirmé vos choix d’étudier le journalisme ?

Adrian
: Cette rencontre m’a montré que le journaliste a aussi un devoir de témoin et de mémoire, et elle a confirmé mon envie de devenir journaliste.
Clara : Du moins elle m’a permise de voir l’envers du décor ainsi que la réalité du journalisme ce qui m’a conforté dans mon choix d’études.
Jonathan : Pas spécialement, car je connais les enjeux du métier de journaliste. En revanche, cela a confirmé et renforcé mon choix d’études.
Axel : Cela m’a effectivement permis d’avoir une vision plus concrète du métier.
Céline : Cette rencontre reflète ce que j’attends du journalisme : remonter et partager, transmettre et être témoin pour le monde (sans oublier de contextualiser).
Khadidja : Elle m’a permis de comprendre l’importance de ce métier.

hej à tlm
Photo : Twitter / C. Boerstra 


HEJ : Vous êtes en dernière année du Bachelor HEJ. Dans quel secteur souhaiteriez-vous travailler plus tard ? Avez-vous des projets précis ?

Adrian : J’aimerais travailler en radio, l’idéal serait d’avoir ma propre émission pour décrypter et analyser le monde.
Clara : J’avais pour projet de travailler en grande partie pour la presse écrite mais au cours de mes classes je découvre d’autres choses et me garde donc de m’enfermer dans quelque chose sans avoir déjà tout testé.
Jonathan : J’aimerais travailler dans le journalisme spécialisé dans le cinéma, et par la même occasion, devenir un critique. Ou alors en tant que journaliste sportif, pour le tennis ou le football.
Axel : Je souhaiterai évoluer dans le dessin de presse et le métier de JRI (Journaliste Reporter d’Images).
Céline : Je souhaiterai devenir JRI, même si réaliser ce documentaire m’a beaucoup plus.
Khadidja : Je souhaite travailler dans le milieu de la presse écrite, plus précisément pour un magazine spécialisé en géopolitique.

 

Merci à Adrian, Clara, Jonathan, Axel, Céline, Khadidja et Laurine pour leurs retours !